BBL : est-ce dangereux ? Le vrai risque, et ce qui le réduit

Publié le · 7 min

BBL : est-ce dangereux ? Le vrai risque, et ce qui le réduit

Si vous vous renseignez sur le BBL, vous êtes probablement tombée ou tombé sur cette phrase : c'est l'intervention esthétique la plus dangereuse. Elle a été vraie. Elle l'est moins aujourd'hui, et la raison tient en une règle anatomique précise. Mieux vaut la connaître avant de choisir une clinique, parce que c'est sur elle que tout se joue.

Pourquoi le BBL a fait peur

En 2017, un groupe de travail de la fondation de recherche de l'Aesthetic Society (ASERF) a publié le premier état des lieux sérieux des décès liés au transfert de graisse dans les fesses. Sa conclusion a marqué la profession : le taux de mortalité du BBL était au moins le double de celui de l'abdominoplastie, et près de dix fois celui de la chirurgie esthétique dans son ensemble.

Ces décès n'avaient pas des causes multiples et dispersées. Ils avaient presque tous la même : l'embolie graisseuse pulmonaire.

Le mécanisme : une question de profondeur

Le BBL consiste à prélever de la graisse par liposuccion, à la purifier, puis à la réinjecter dans les fesses. Tout dépend de l'endroit exact où elle est réinjectée.

Sous la peau des fesses se trouve d'abord une couche de graisse, dite sous-cutanée. Plus profond, une membrane, le fascia glutéal, recouvre le muscle grand fessier. Sous ce muscle et à l'intérieur passent de grosses veines, les veines glutéales.

Si de la graisse est injectée dans le muscle ou sous lui, elle peut pénétrer l'une de ces veines, remonter jusqu'au cœur puis bloquer la circulation pulmonaire. C'est l'embolie graisseuse. Elle survient pendant l'intervention ou dans les heures qui suivent, et elle peut être fatale.

Pendant des années, une partie des chirurgiens injectait volontairement dans le muscle, pour obtenir plus de volume. C'est cette pratique qui explique les chiffres de 2017.

La règle qui a tout changé : uniquement sous la peau

La réponse des sociétés savantes a été nette. Depuis, la position commune de la Société américaine de chirurgie plastique (ASPS), de l'Aesthetic Society et de la Société internationale de chirurgie plastique esthétique (ISAPS) est la suivante :

  • la graisse est injectée uniquement dans l'espace sous-cutané, au-dessus du fascia glutéal, jamais dans le muscle ;
  • le contrôle de la position de la canule par échographie en temps réel pendant l'injection est considéré comme une mesure de bon sens, et soutenu là où la réglementation l'impose ;
  • l'injection et le prélèvement sont réalisés par le chirurgien lui-même, jamais délégués à du personnel non qualifié ;
  • l'intervention se pratique dans un établissement agréé, et le chirurgien assure le suivi avant et après, y compris pour les patients venus de loin.

L'État de Floride, où de nombreux décès avaient été recensés, a transformé ces principes en règles obligatoires, en ajoutant une limite de trois interventions de ce type par jour et par chirurgien. Les sociétés savantes ont soutenu cette limite.

Ce que montrent les chiffres depuis

Une enquête menée auprès des chirurgiens et publiée en 2020 dans l'Aesthetic Surgery Journal a mesuré l'effet de ces recommandations. La part des chirurgiens déclarant injecter dans le muscle était passée de 13,1 % à 0,8 %. Sur la même période, la fréquence des embolies graisseuses pulmonaires déclarées était passée d'environ une intervention sur 1 000 à une sur 2 500.

Deux réserves honnêtes. Il s'agit de données déclarées par les chirurgiens eux-mêmes, pas d'un registre exhaustif. Et une baisse n'est pas une disparition : le risque d'embolie existe toujours, il est simplement beaucoup mieux maîtrisé lorsque la règle est respectée. Les sociétés savantes continuent d'ailleurs de qualifier ce risque de préoccupant.

Ce que nous appliquons

Chez Clinic Nobel, la graisse est réinjectée exclusivement dans le plan sous-cutané, jamais dans le muscle, et l'injection est contrôlée par échographie peropératoire.

Le BBL comprend toujours une liposuccion Vaser 360°, qui fournit la graisse et redessine la taille en même temps. Elle ne se retire pas du geste : sans elle, la quantité de graisse disponible et l'équilibre de la silhouette ne sont pas au rendez-vous.

Certaines situations demandent une évaluation avant toute décision. Un antécédent cardiaque n'exclut pas automatiquement l'intervention, mais il impose un examen par l'anesthésiste et, si nécessaire, l'accord d'un cardiologue. Une quantité de graisse insuffisante sur les zones de prélèvement conduit en revanche à ne pas opérer : on ne peut pas transférer ce qui n'existe pas. Et lorsque le poids est le vrai sujet, la chirurgie esthétique n'est pas la bonne réponse, parce qu'elle corrige une silhouette et ne fait pas maigrir.

Les autres risques, dits comme ils sont

L'embolie graisseuse est le risque propre au BBL. Il n'est pas le seul.

Le BBL comporte d'abord tous les risques d'une liposuccion : hématomes et œdème, accumulation de liquide (sérome), irrégularités de contour, asymétrie, modifications durables de la sensibilité de la peau, infection, cicatrisation défavorable, thrombose veineuse, et les risques de l'anesthésie générale.

Il en a ensuite qui tiennent au transfert de graisse lui-même. Une partie de la graisse injectée ne survit pas et se résorbe dans les mois qui suivent : le volume final est donc inférieur au volume visible au réveil, et personne ne peut garantir à l'avance la part qui restera. Des zones de graisse qui ne survivent pas peuvent aussi former de petits nodules fermes, la nécrose graisseuse.

Les suites, et pourquoi elles comptent

Éviter toute pression directe sur les fesses, utiliser un coussin BBL pour s'asseoir, dormir sur le ventre ou sur le côté : ces consignes ne sont pas du confort. La graisse transférée doit se revasculariser, et une pression prolongée la prive de sang. Le chirurgien vous indique combien de temps les appliquer, et c'est une partie du résultat qui se joue là.

Après l'intervention, vous restez deux nuits en clinique, puis le séjour se poursuit à l'hôtel. Le vêtement de compression se porte selon les indications du chirurgien. La marche commence tôt, dès les premiers jours, pour prévenir la thrombose, et ce point compte double lorsque le retour se fait en avion. Un drainage lymphatique peut être proposé sur place.

Le résultat définitif ne se juge qu'à plusieurs mois, une fois l'œdème résorbé et la part de graisse qui devait disparaître éliminée.

Les questions à poser à n'importe quelle clinique

Que vous choisissiez Istanbul, Paris ou ailleurs, ces questions valent pour toutes les cliniques, la nôtre comprise. Une clinique sérieuse y répond sans détour :

  • Dans quel plan la graisse est-elle injectée : sous-cutané uniquement, ou aussi dans le muscle ?
  • L'injection est-elle contrôlée par échographie pendant l'intervention ?
  • Qui réalise le prélèvement et l'injection : le chirurgien lui-même, ou un autre membre de l'équipe ?
  • Combien d'interventions de ce type le chirurgien réalise-t-il dans la même journée ?
  • Dans quel établissement l'intervention a-t-elle lieu, et combien de nuits y restez-vous ?
  • Que se passe-t-il si une complication apparaît après votre retour ?

Une réponse floue à la première question suffit à écarter une clinique.

Pour aller plus loin

La fiche Lipofilling fessiers (BBL) détaille le déroulement, le séjour et le tarif à jour. La liposuccion Vaser HD 360, qui accompagne toujours le BBL, a sa propre fiche. Pour une étude de votre dossier, vous pouvez demander une évaluation.

Sources

Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière et doit être évaluée par un chirurgien.

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